L’ÊTRE NARRATIF DE L’HOMME ET L’APOLOGIE DE LA LITTÉRATURE

Pensez au premier homme qui a levé les yeux au ciel, à celui qui tout à coup s’est trouvé devant l’océan à perte de vue ou à celui qui, en mordant un fruit, a découvert non seulement la nécessité de manger, mais aussi le doux plaisir de le faire. Pensez à la stupeur intimidée de qui voit réellement pour la première fois, c’est-à-dire la stupeur intimidée de celui qui regarde la réalité en se posant des questions. Il arrive au-devant des grandes interrogations ainsi qu’au manque de réponses et c’est à ce moment-là que les mythes naissent comme les premières histoires de valeur formative et exégétique du monde.

Le besoin de raconter, qui s’est affiné tout au long des siècles, est inhérent à l’homme, il en représente un trait constitutif et essentiel. La finalité originaire du récit est d’expliquer et de s’expliquer : depuis de l’aube des temps, raconter est la méthode que l’homme a élaborée pour com-prendre le monde et se com-prendre soi-même. Le langage n’est pas suffisant pour connaître, pour expliquer.
Le langage est le moyen et le récit est la méthode, le know-how. Continue reading “L’ÊTRE NARRATIF DE L’HOMME ET L’APOLOGIE DE LA LITTÉRATURE”